
Mobilité et aménagement du territoire
NOUVELLES MOBILITES et AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
L’aménagement du territoire est « l’action et la pratique de disposer avec ordre, à travers l’espace d’un pays d’une vision prospective, des hommes et de leurs activités, les équipements et les moyens de communication qu’ils peuvent utiliser, en prenant en compte les contraintes naturelles, économiques, voire stratégique. »[1]
L’aménagement du territoire a pour objectif de permettre un développement économique équilibré du territoire et réduire les inégalités spatiales en termes économiques et sociaux.
L’aménagement du territoire mobilise tout un ensemble de secteurs d’intervention pour parvenir aux objectifs :
Le développement économique
Les politiques sociales spatialisées
Les politiques du logement
Le développement des infrastructures, notamment de transports et de communication
La disponibilité des ressources naturelles et leur gestion intégrée afin d’assurer leur durabilité
La préservation et la mise en valeur de l’environnement
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Des enjeux territoriaux
La question des services et de leur accessibilité sont au cœur des problématiques actuelles sur le développement équilibré, l'attractivité des territoires, l’étalement urbain et les nouveaux modes d'habiter.
L’économie sociale et solidaire et les territoires
La contribution de l’ESS au développement local ne saurait se limiter à son soutien à la croissance locale en terme d’emplois, de création d’entreprises sociales ou encore d’initiatives sociales et solidaires fussent-elles innovantes.
Au-delà de la valorisation de son poids quantitatif (13,1 % de l’emploi des Hautes-Alpes et 19,0 % de l’emploi privé)[2] et de son potentiel en terme de création d’emplois (croissance de l’emploi de 4,7 % par an, soit près de 270 effectifs salariés par an)[3], l’ESS concourt à la valorisation des ressources locales. Qualification de la main d’œuvre, gestion prévisionnelle des compétences, valorisation du patrimoine et de l’environnement, aides à la reprise d’activité productive, mutualisation et coopération entre acteurs et entreprises, etc., elle participe à l’attractivité globale des territoires.
Plus ambitieux est de positionner l’ESS aujourd’hui comme le moteur d’un autre développement territorial. Relocalisation des activités économiques, pôles de coopération, circuits courts entre producteurs et consommateurs, orientation locale de l’épargne par la finance solidaire, expérimentation de monnaies sociales, maintien et développement de services locaux d’intérêt général, promotion d’une consommation responsable, élaboration d’indicateurs locaux de bien-être, co-construction de l’action publique, etc., l’ESS contribue à une économie territoriale durable avec des effets d’entraînement positifs sur l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.
Dans cette perspective, les initiatives et entreprises de l’ESS ne se revendiquent pas seulement comme des entreprises différentes sur un marché fût-il d’intérêt général. En raison de la finalité sociale de leur production et de la lucrativité limitée de leur activité, les entreprises de l’ESS sont soucieuses du bien commun, de l’intérêt général et font régulièrement des propositions en ce sens.
C’est cette double fonction de production de biens et services, mais aussi cette fonction politique de révélation de nouveaux besoins sociaux, de veille sur des questions de société et de partenaire des politiques publiques qui font des organisations de l’ESS des acteurs économiques et sociaux concourant au développement des territoires.
Cette fonction spécifique des acteurs de l’ESS dans le développement de leur territoire est aujourd’hui fragilisée. Un faisceau d’indices indique le passage d’une logique de partenariat à une logique de prestation de services. Entre le recours aux appels d’offre et la délégation de service public, la logique de co-construction de l’action publique est mise sous tension par la concurrence accrue des entreprises lucratives et par l’application incertaine des directives européennes. Il faut également mentionner l’impact plutôt problématique de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) pour une partie de l’ESS avec des réductions budgétaires drastiques liées à une décentralisation sans financement.
Ces constats appellent à un Etat partenaire d’une action publique renouvelée qui co-construit l’intérêt général à partir des territoires avec les collectivités locales et les acteurs locaux en faisant toute leur place à ceux de l’ESS.
[1] Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement, Paris, PUF, 3°éd., 2000.
[2] Source : Insee Clap 2008 ; Traitement : Observatoire Régional ESS PACA.
[3] Source : Insee Dads 2002-2008 ; Traitement : Observatoire Régional ESS PACA.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Coordinateur de la journée thématique pour la CRESS :
Manon LAMBERT
manon.lambert@cresspaca.org
04 91 54 96 75

